Subject: Ecstasy, rave et SIDA: interaction fatale

Ecstasy est le nom populaire pour le methylenedioxymethamphetamine (MDMA), une drogue "récréative" et "illégale", très populaire chez les jeunes à cause de son très bas prix, répandue notamment dans les raves party. Le MDMA est un amphétamine ("speed") qui a de fortes propriétés hallucinogènes. La majorité des utilisateurs du MDMA croient que cette drogue est "safe". Cependant, le MDMA a causé des sérieux problèmes d'intoxication chez certaines personnes; dans de rares cas, cette drogue a été reliée directement à la mort de l'utilisateur... Malgré des données partielles sur les effets de l'ecstasy, les scientifiques croient que son usage è long terme provoque des lésions graves au cerveau et peut entraîner des problèmes psychiatriques récurrents.

De nombreux médecins affirment par ailleurs qu'un certain nombre de leurs patients porteurs du VIH utilisent cette drogue. Aussi, avouent-ils n'avoir que peu d'information sur la composition et les effets de l'ecstasy.

À l'origine, cette drogue a été développée vers 1912 pour traiter les personnes désirant perdre du poids... Ses effets sont demeurés obscurs et inconnus jusqu'à ce qu'on redécouvre ses propriétés psychédéliques durant les années 1960. Le MDMA n'a émergé dans le grand public qu'à la fin des années 1970 et au début des années 1980 alors qu'un groupe de psychothérapeutes américains ont ouvertement prêchés ses vertus et son utilisation en psychothérapie: les chimistes "underground" n'ont pas perdu de temps et se sont vite mis à produire la substance dans des laboratoires clandestins et à en répandre l'usage comme drogue "récréative". La production du MDMA a été interdite par la loi en 1985 par la Drug Enforcement Agency (DEA) aux États-Unis et très vite, plusieurs pays occidentaux ont suivi cette politique.

Ecstasy et trithérapie: Dangers
Suite à la mort de Phillip Kay à l'automne 1996, un britannique porteur du VIH sous médication avec le ritonavir (Norvir) et qui avait consommé de l'ecstasy, la compagnie Abbott Laboratories qui produit cet inhibiteur de protéase a pris connaissance du potentiel d'interaction médicamenteuse négative entre l'ecstasy et le ritonavir...
Selon le Dr. P. Kon de la compagnie Abbott Laboratories, à cause du métabolisme du MDMA qui utilise la protéine P450 2D6 isoforme comme médiatrice, une protéine partiellement inhibée par le ritonavir, la consommation des deux drogues en même temps pourrait tripler le niveau de MDMA dans le sang De plus, de 3 à 10 % des individus seraient de mauvais métaboliseurs de cette protéine isoforme.

Si vous connaissez des porteurs du VIH qui prennent de l'ecstasy et du ritonavir, informez-les de cette nouvelle rapidement: vous pourriez leur sauver la vie!

SOURCES: AIDS TREATMENT NEWS Issue #265, février 21, 1997, Gay Men's Health Crisis: Treatment Issues, Volume 7 no. 9 - octobre 1993 par Derek Link, Being Alive Newsletter, avril 1997